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02/02/2012

Maurice RIPOCHE (1895-1944) ingénieur-aviateur-industriel-résistant a permis le développement économique d’Aubigny d'après-guerre.

 Maurice Ripoche timbre 1er jour.jpgMis en ligne le 29/9/2011, mis à jour le 2/2/2012

A Aubigny, chacun connaît la rue Pierre Rateau, la rue Maurice Ripoche...deux résistants français...Vous êtes peut être passé leur rendre visite « salle d’honneur Pierre Rateau » (*) au Château des Stuarts ? Le compagnon de la Libération Pierre Rateau est un enfant d’Aubigny, on connaît sa saga. Mais qui était Maurice Ripoche?

Maurice Ripoche est né à Paris le 25 mai 1985. Il interrompt ses études d'ingénieur pour s’engager volontaire en 1914, termine la guerre comme sous-lieutenant dans l'aviation. Démobilisé il fonde une entreprise de construction de fours électriques. Affaire prospère, il entreprend la construction à Aubigny d’un atelier moderne pour s’y décentraliser. La guerre ne lui laisse pas le temps de s’y installer. En août 1940, il fonde à Paris le mouvement de Ceux de la Libération. En 1941, ses corps francs de Paris et Villacoublay sont armés. Le 9 octobre 1941,Icare.jpg échappant à une arrestation, il gagne la zone libre, puis à Lyon se met en relation avec Jean Moulin et Charles de Gaulle. Revenu clandestinement à Paris fin 42, il est arrêté le 3 mars 1943, transféré en Allemagne il passe près de 14 mois au secret dans un cachot de Dusseldorf. Condamné par un simulacre de tribunal, Maurice Ripoche est décapité, à Cologne, le 20 juillet 1944, allant vers la mort avec une foi sublime et ce merveilleux courage qui ne l'a jamais quitté. En 1946, Jean Drouard (les Moteurs Drouard équipaient les Fours Ripoche), sinistré lors du bombardement de l’usine Citroën, reprend l’atelier albinien de Maurice Ripoche. Maurice Ripoche a donc permis le développement économique d’Aubigny d'après-guerre.Aubigny lui a consacré une rue  comme  Paris, dans le XIVème (où l’école maternelle porte aussi son nom). Un timbre à l'effigie de Maurice Ripoche a été émis le 28 mars 1960, dans la quatrième série des Héros de la Résistance

Icare Ripoche.jpg

Dans une brocante j’ai déniché un Icare, la revue de l’aviation française, le Tome 3 « Aviateurs et Résistants » édité en 1994. Jacques Ballet († 2000), Compagnon de la libération, un ingénieur, aviateur et résistant français, l’un des fondateurs du mouvement de résistance « Ceux de la Libération » (CDLL), y consacre un dossier dédié au souvenir de Maurice Ripoche.. Pour le lire, cliquez  [ICI]

Liens utiles :Jacques Ballet - Fours Ripoche

(*) il est toujours possible d’accomplir ce devoir de mémoire en visitant la Salle d'honneur Pierre Rateau. Ouverture de Pâques au 30 Juin et du 1er septembre au 30 octobre : samedi, dimanche et jours fériés de 14h30 à 18h00. Du 1er juillet au 31 août : tous les jours de 10h00 à 12h30 et de 15h00 à 19h00. Entrée libre, comme pour le Musée marguerite Audoux. Entrée payante uniquement pour la visite du Mémorial : 2 € par personne - tarif réduit 1,50 € par personne pour un groupe de + 10 personnes ; personne munie du pass Route J. Cœur ou du pass Crédit Agricole; chômeur, étudiant sur présentation de la carte et pour les visites jumelées à celle de la visite de ville organisée par l’OTSS

Commentaires

Merci de faire part aux lecteurs de votre découverte de la revue Icare qui relate l’itinéraire du résistant exceptionnel que fut Maurice Ripoche. J’en ai pris connaissance avec beaucoup d’émotion imaginant l’horreur de ses moments de détention dans la prison de Klagenfürt et de l’ exécution qui s’en suivit. La hauteur spirituelle de sa lettre à l’aumônier allemand révèle la terrible angoisse et l’espoir d’un homme de foi. Elle révèle aussi la qualité de la présence du prêtre allemand et l’amitié qui a pu s’établir entre eux. Dans son itinéraire de prisonnier déporté, le grand résistant de Sancerre, Georges Borocowitch parle aussi avec émotion des Allemands qui l’ont aidé dans son chemin de déporté. Ce n’était donc pas exceptionnel. Le Cher en a connu quelques uns.
L’historien tire aussi un autre enseignements du récit de Jacques Ballet , il concerne la répression terrible qui s’est abattue sur des résistants de la première heure, frappant le réseau Vengeance et «  Ceux de la Libération »et les autres. On sait que les polices allemandes et françaises avaient les moyens et des compétences, on sait qu’elles furent aidées par les trahisons de personnes de confiance obéissant à des convictions ou des intérêts, des agents doubles infiltrés. On explique les dénonciations sous la torture, on sait moins le coût humain de négligences ou de transgression des règles de la clandestinité. J’imagine l’ampleur des désastres quand j’observe dans l’espace géographique de mes recherches, le nombre de cas révélés par les archives, et souvent tus. À Bourges, Marcel Plaisant, qui fut Président du comité départemental de libération et futur sénateur du Cher en a été une des dernières victimes.
Aubigny honore deux authentiques résistants, héros aux parcours exceptionnels: Pierre Rateau et Maurice Ripoche. Le petit musée de la ville mérite le voyage pour les mieux faire connaître en vérité.

Écrit par : Moreux Gilbert | 03/02/2012

"Aubigny honore deux authentiques résistants, héros aux parcours exceptionnels: Pierre Rateau et Maurice Ripoche. Le petit musée de la ville mérite le voyage pour les mieux faire connaître en vérité."
Merci Gilbert de ce compliment, maire adjoint j’ai avec Josette Doget et Margueritte Rateau été chargé de réaliser cette expo devenue permanente.
"Ce n’était donc pas exceptionnel. Le Cher en a connu quelques-uns …Beaucoup sont inconnus (sic) comme Pierre Diard... Honoré Salle "Pierre Rateau" à Aubigny... Ignorés par le Musée de la Résistance et de la Déportation du Cher.

Écrit par : Philippe | 04/02/2012

M. Moreux évoque Marcel Plaisant. Pourrait-il nous dire de quoi ou de qui exactement a été victime ce Résistant ?

Écrit par : Fifi de Bourges | 06/02/2012

Réponse brève à Fifi de Bourges:

-Marcel Plaisant a été victime d’une dénonciation par négligence d’André SOUQUIÈRE, commissaire politique interrégional des F.T.P à Orléans, membre du Comité Militaire National des F.T.P. et membre du Comité central du parti communiste clandestin. Un personnage important dans la hiérarchie du PC. Celui-ci est arrêté le 30 avril 1944 par la Gestapo qui trouve chez lui une abondante documentation qui permet aux policiers de remonter plusieurs filières clandestines et d’arrêter de nombreux résistants. Elle apprend ainsi l’existence dans le Cher d’un Comité départemental de Libération et réussit à découvrir Marcel Plaisant, l'arrête à Paris, puis le transfère à Bourges où il est torturé par Paoli. Il est libéré de la prison du Bordiot le 17 août 1944 quand la Gestapo quitte Bourges.
Mes sources principales: Jean-Yves Ribault, ancien directeur des archives départementales, dans la revue Berry N° Spécial d’avril 1994; page 75. Il ne cite pas le nom de Souquière.
- Jean-Claude Bonnin,coordinateur de l’association des amis du Musée de la résistance et de la déportation de Bourges qui a rédigé la fiche AERI sur le Comité départemental de Libération du Cher, et parle de l'arrestation de Marcel Plaisant, sans donner les causes de cette arrestation
André SOUQUIÈRE succédait à Orléans comme commissaire politique F.T.P. à Maurice JEUNOT qui, arrêté sur dénonciation, avait donné à la police, sous la torture, des noms de ses camarades et entraîné aussi l’arrestation de très nombreux résistants F.T.P.
Maurice JEUNOT a été fusillé au camp des Groües
André SOUQUIÈRE est devenu sénateur communiste après la Libération.

Écrit par : Moreux Gilbert | 06/02/2012

Merci Gilbert de cette précision

Écrit par : Philippe | 07/02/2012

Avec ces précisions, les responsable du musée de Bourges vont pouvoir rectifier leurs fiches (et le faire savoir ?)

Écrit par : Fifi de Bourges | 07/02/2012

Qui sait ? Gardez espoir Fifi de Bourges et faites-vous l'ambassadeur d'une rectification !
Je vous précise tout de même que mes deux sources, Jean-Yves Ribault et Jean-Claude Bonnin font partie du comité de rédaction des fiches AERI.
On peut, si l'on veut, faire l'hypothèse qu'ils pouvaient ne pas être sur la même ligne, et que l'avis du plus FTP communiste- compatible l'a emporté.On peut aussi faire l'hypothèse qu'il y a eu un vote dans le comité et que les a-quoi bonnistes ont été majoritaires. Alors l'historien-archiviste s'est démocratiquement incliné.

Écrit par : Moreux Gilbert | 07/02/2012

Ils connaissent Ripoche, Mercier, les rédacteurs de fiches ?

Écrit par : Aline T. | 07/02/2012

Je n'ai pas lu récemment le contenu de toutes les fiches ( une centaine). Pour celui qui connaît un peu l'histoire de la résistance dans le Cher, ces fiches sont un modèle de figures de la rhétorique qui se nomment: prétéritions, omissions, dissimulations, sous-entendus, passer sous silence, restriction mentale, etc...
je ne peux pas dire si les rédacteurs connaissaient Ripoche ou Mercier, mais je peux dire que je n'ai pas lu leurs noms dans les titres des fiches, par contre il y a une fiche au nom de Pierre Rateau.

Écrit par : Moreux Gilbert | 08/02/2012

Le parcours de Fernand Mercier (de Concressault) est atypique. Je vais faire un post pour le faire découvrir.

Écrit par : Philippe | 08/02/2012

J'avais posé la question post traitant de Diard. La réponse est donnée ici.

Écrit par : Michel Coquery | 08/02/2012

Je vous félicite pour votre article. c'est un vrai boulot d'écriture. Continuez .

Écrit par : cliquez ici | 11/08/2014

Les commentaires sont fermés.