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10/11/2011

SAINT MARTIN : soldat, moine et évêque Martin est toujours le même : il écoute, il partage, il annonce. Le Saint patron de la France et d’Aubigny a toujours quelque chose à dire à chacun de nous.

St Martin.jpgPacifiste, moine par vocation, Évêque malgré lui, saint Martin est toujours surprenant. Ce saint a quelque chose à dire à chacun de nous.

Drôle d'époque que celle de Martin de Tours. Après l'ère terrible des persécutions et des martyrs, l'Église entre dans une autre phase de son histoire : l’Empereur Constantin accorde la liberté religieuse aux chrétiens. Mais la foi ne se répand à coup d'édits impériaux. D'immenses populations, des hauts fonctionnaires de l'empire romain aux paysans, restent viscéralement attachées aux dieux romains ou celtes, moins exigeants que le Dieu des chrétiens.

Soldat malgré lui

C'est la cas du père de Martin : officier romain, il n'est pas du tout d'accord avec cet empereur qui fait graver sur les étendards et les boucliers de ses soldats la croix d'un juif, Jésus, qu'il aurait, dit-on, vu apparaître dans le ciel avec cette phrase : "par ce signe, tu vaincras". Aussi prend-il sa retraite dès qu'il le peut, pour s'installer en Italie, près de Pavie. Son fils, né vers 316 en Hongrie, il l'a néanmoins appelé Martin, c'est-à-dire "voué à Mars " dieu de la guerre.

Statue_lapidaire_2.jpgCe petit Martin avait dès l'âge de huit ans entendu parler d'un Dieu qui aime infiniment les hommes. Secrètement, il se rend près de l'évêque de Pavie et se fait instruire du christianisme qui pénètre profondément ce cœur d'enfant.

Son père est furieux : son fils est en train de devenir chrétien et pire, il s'est mis dans la terre de se faire ermite. Il saura bien le faire changer d'avis ! Un édit impérial vient à point : tous les fils de "étérans", ou anciens soldats, doivent être enrôlés sur le champ: l'empire a besoin de toutes ses forces vives pour se défendre contre les barbares, qui ne sont autres que les francs.

Martin proteste, supplie : il ne veut ni ne peut se battre. Son père répond en le traînant, enchaîné, devant les officiers. Moqué, traité de lâche, il est finalement enrôlé : bien malgré lui, il est soldat.

Le manteau partagé

Comme tout militaire, Martin va de garnison en garnison. Officier de cavalerie, il porte une grande cape en drap solide et chaud. Il est à Amiens. L'hiver est rude. La Gaule est pauvre, les gens meurent de froid et de faim. Un soir, aux portes de la ville, un pauvre grelottant lui demande l'aumône. Martin ouvre sa bourse : il n'a pas un sou. Alors, il saisit son épée, coupe en deux son manteau, s'enveloppe comme il peut dans ce qu'il en reste, et donne l'autre moitié au mendiant. Durant son sommeil, le Seigneur lui apparaît vêtu de sa moitié de manteau, disant aux anges qui l'entourent : " C'est Martin, encore catéchumène, qui me l'a donné pour m'en couvrir." Avant même son baptême, Martin vivait le grand précepte de l'amour, celui qui fait les chrétiens.

Charite_poteau_cormier.jpgMartin veut quitter l'armée pour se consacrer au service de Dieu : une nouvelle fois il est accusé de lâcheté. Afin de prouver son courage, il propose d'avancer sans armes ni boucler au-devant des lignes ennemies ! Mais les barbares négocient une trêve, et Martin est enfin libre.

Le premier moine d'occident

La renommée de l'évêque de Poitiers, Hilaire, s'est étendue à tout l'Empire. Il est le champion de l'Église face à ses pires ennemis d'alors, les Ariens, qui sapent la foi à sa racine en affirmant que Jésus n'est pas Dieu. Martin ne peut trouver meilleur maître : il va rejoindre Hilaire. Chemin faisant, il traverse des bourgs et des forêts où les pratiques païennes ont encore cours. Il entend alors le grand appel à l'évangélisation de ces multitudes qui n'ont pas entendu parler du Christ. Il est encore jeune : il brise les idoles qu'il rencontre, parfois au péril de sa vie.

Il arrive enfin à Poitiers. Durant plusieurs années, Hilaire prodigue son enseignement à son disciple. Celui-ci lui confie son ancien désir de se retirer dans la solitude pour prier, comme les moines d'Orient. Hilaire hésite : la Gaule a besoin d'apôtres pour annoncer la bonne nouvelle. Mais il sait qu'elle a plus encore besoin d'hommes de prière. Il donne à Martin un petit domaine, dans la vallée du Clain. Martin, tout joyeux, y bâtit un oratoire et une cellule. Des compagnons le rejoignent. Le premier monastère d'Occident est né : c'est Ligugé.

banière saint martin.jpgMoine et Évêque

Huit années ont passé. La renommée de Martin s'est étendue malgré son silence. A la mort d'Hilaire, les Poitevins n'osent arracher Martin à sa vie de moine pour le remplacer, mais les Tourangeaux n'ont pas ces scrupules : pour eux, c'est clair, ils ont perdu un vrai saint en leur évêque, il leur faut un autre saint et ce sera Martin. Attiré dans un véritable guet-apens, celui-ci se retrouve dans la cathédrale de Tours, acclamé évêque. A cette époque, on faisait confiance au peuple : « Vox populi, vox Dei », la voix du peuple, c'est la voix de Dieu. Les réticences d'un distingué prélat qui trouve bien piteuse mine à ce moine mal rasé et mal vêtu sont balayées par l'enthousiasme de la foule.

Voilà donc Martin évêque, toujours malgré lui ! Il le fut pendant 26 ans. Mais il préfère au trône épiscopal un tabouret et vit dans une modeste cellule près de la cathédrale. Il y reçoit tant de visites qu'il se retire dans un lieu plus tranquille avec quelques moines : ce sera Marmoutier, le " grand monastère".

Un évêque audacieux

eveque_de_Tours.jpg

Mais il n'oublie pas sa charge d'évêque. Il en a une idée très large, neuve et personnelle, parfois grandiose. Il a des audaces surprenantes, parfois téméraires. Sa foi ardente, sa bonté, sa passion pour la justice l'emportent sur sa modestie : il fonce, se considère comme l'apôtre des païens, l'envoyé du Christ auprès des pauvres, l'arbitre entre les opprimés et les puissants. Mais si la fonction est grande, l'homme reste pauvre et humble : avec une âme d'évêque, il garde un cœur de moine. Toujours au service de la justice et de la paix, Martin sillonne la Gaule, l'Allemagne pour défendre les droits de l'homme. Quand l'âge rend plus pénibles les longues chevauchées, il se répète doucement : " je ne refuse pas le travail ".

Verriere_au_chevet_2.jpg

Soldat, moine, évêque, Martin est toujours le même : il écoute, il partage, il annonce. Ce saint a toujours quelque chose à dire à chacun de nous.

Ludovic Namurois.

Commentaires

Très populaire, Martin a fortement contribué à la diffusion du christianisme en Gaule. Beaucoup d'églises, de lieux et de patronymes portent son nom. Notons encore que c'est en référence à la place de Saint Martin dans la culture française qu'en novembre 1918, les négociateurs français ont choisi de fixer au 11 novembre la date de l'armistice (de préférence au 9 ou 10 novembre).

Écrit par : Philippe | 10/11/2011

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