08.01.2012
SOLOGNE, La louveterie: une institution plus que millénaire y perdure
Au cours d’une promenade je suis tombé, à Vouzeron sur le chenil de l’équipage nommé "Pic’ avant Sologne" dirigé par Brigitte et Gérard Monot. Prenant une photo de la route, j’ai été invité, cordialement, à pénétrer et à approcher les chiens avec mon numérique (merci)…Une messe est donnée et les chiens sont bénis au cours de la Saint Hubert qui se déroule chaque année le 1er dimanche de novembre. La tradition voulait qu’aucune chasse à courre ne se déroule avant cette fête.

Madame Brigitte Monot est Lieutenant de louveterie, pour le Cher.
Le "grand méchant loup" a disparu depuis longtemps de nos forêts. Pas les lieutenants de louveterie. Ils sont 1 200 en France et dont une douzaine de femmes comme Brigitte Monot à porter ce titre chargé d'histoire.
Nommés par le préfet. A l'origine, c'est Charlemagne qui, dans un capitulaire de 813 ordonna à ses Comtes de désigner dans leur circonscription, deux officiers, les "luparii", chargés de chasser les loups alors nombreux (*). La Louveterie. Les louvetiers sont nommés par le préfet pour six ans renouvelables.
Ils doivent faire preuve d'honorabilité, avoir une bonne forme physique, une réelle compétence cynégétique, une parfaite connaissance de la réglementation de la chasse, ainsi qu'une aptitude à l'action et au commandement. Il leur faut également être de nationalité française, jouir de leurs droits civiques, avoir au plus soixante-neuf ans et posséder un permis de chasse depuis au moins cinq ans. Enfin, chaque lieutenant de louveterie doit s'engager par écrit à entretenir à ses frais, au moins quatre chiens courants réservés exclusivement à la chasse du sanglier ou du renard ou au moins deux chiens de déterrage.

Des battues de régulation. Seuls fonctionnaires bénévoles de la République, les louvetiers ont un rôle de conseiller technique auprès de l'administration. Ils sont chargés, sous le contrôle de la Direction départementale de l'Agriculture et de la Forêt, de la régulation de certaines espèces sauvages devenues localement ou momentanément excédentaires. Ce sont : le sanglier, source de dégâts dans les cultures, le ragondin qui pullule dans les rivières et les étangs fragilisant les berges ou le renard, vecteur de la rage.

A la demande de l'autorité préfectorale, ils organisent des battues de régulation dont ils assument la responsabilité technique. Ils ont de plus qualité pour constater dans les limites de leur circonscription les infractions à la police de la chasse. Les lieutenants de louveterie sont des passionnés de chasse et de nature.
(*) En 1790, à Aubigny dans les bois de la Théau (dire la Thiau), on organisait des battues contre les loups comme nous indique une délibération de la commune d’Aubigny-Villages, à la date du 3 avril 1790…
17:54 Publié dans Patrimoine, Sologne | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |
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Commentaires
Les Monot sont des amis. Ils possèdent le meilleur équipage de la région. Ils sont discrets mais sont une fortune. La chasse à courres est leur passe-temps. Ils connaissent parfaitement la chasse et le grand gibier. Un temps Brigitte fut ma présidente aux chasseurs de grand gibier du Cher. Leur équipage découple en forêt de Vierzon (18) et de Choeur (36).
Écrit par : Michel Coquery | 08.01.2012
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