Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

03/02/2012

GÉLÉES de 1708 & 1784 en Berry…c’était autre chose…que les frimas actuels.

Paysages gelés... il y a seulement trois siècles... L’hiver 1709, sous Louis XIV…Un froid glacial tombe sur la France : - 20 "C aux mois de janvier et de février. A Versailles, le vin gèle dans les carafes. Dans les campagnes, les paysans grelottent et la famine menace.

thermometre.jpg

En Berry, Sury-près-Léré... de la glace de deux à trois pieds de haut... (de 65 à 98 cm)

"Ad perpetuan Roi memoriam…Après quelques gelées qui arrivèrent dès le mois de novembre de l'an 1708 et qui duroient quelque fois sept a huit jours depuis le ving cinquième décembre suivant jusqu'au sixième janvier de la presente année le temps fut fort pluvieux . Le meme jour sur les huict heures il se leva un vent solaire si froid qu'on vit dès les 3 heures du soir la terre toutte gelee et la glace dans l'eau d'une force à porter une personne. La violence de ce froid a esté si excessive que tous les biens de la terre en on esté endommagé. Les bles ont gesté gelez jusq dans la racine et particulm' le from'. Les vignes ont esté entierm' perdus il n'y a environ q.les deux tiers qui ont repoussé unpeu de bois de la racine apres avoir coupe toutes les souches et cette anne n'ont produit aucun fruit. Les gros arbres ont extrement souffert et notament les noyers qui se trouve pour la plupart morts jusq dans le pied, on a vu des chenes fort fendus par le milieu de la rigueur de la gelee. Les fruitiers en ce pays surtout et les chataigners nont porte aucun fruit et très peu ont esté guarantis de la grande gelee de cet hyver. Chose surprenante il commenca dont le jour de lepiphanie et continua avec des vents violents furieux et qui redoublerent sans cesse jusqu'au vingt cinquieme de ce mois. Après le dégel j'ai jeté dans l'eau de la glace epaisse de deux pieds, quelquns assure de trois pieds. Pendant lequel temps les moulins ne purent tourner, on faisaoit passer les charettes chargee de paille et de blé sur la riviere de Loire et roulerent sur la glace comme sur terre. Après le degel arrive, la terre estant encore toute abreuvee d'eau depuis le vingt quatre fevrier jusq'au commencement de mars, il revint encore une gelee et un vent froid qui acheva de tout perdre enfin privez de l'esperance de receuillir des grands bleds. Source: Registre paroissial. In Journal d'information du Cercle de Généalogie et d'Histoire du Crédit Lyonnais Novembre-Décembre 2000 N°33"

paysage_gele.jpg

Règne de Louis XVI, l’hiver 1783-1784 fut très froid et assez neigeux, surtout dans le nord du pays. Le froid le plus intense se fit sentir à la fin du mois de janvier.En 1784-85, se succèdent deux périodes de froid très vif, novembre- décembre et février-mars.

À Herry La Loire est prise dans les glaces.

"28 décembre 1784, acte passé devant notaire à Herry (Cher) qui se trouve en aval de La Charité s/Loire (Nièvre) et en amont de Pouilly s/Loire (Nièvre) pour le déchargement d'un bateau immobilisé par les glaces, les bateliers sont originaires du Puy-de-Dôme. Sur réquisition de deux voituriers par l'eau Claude Ramein et Pierre Edeve, originaires de Saint Alyre Es Montagne, Antoine Marie Dumas notaire royal me suis transporté sur le bord du chantier de la rivière de Loire vis à vis le lieu appelé Mouron, nous avons trouvé les marchandises déchargées, de plusieurs sortes de marchandises laine et papier que quincaillerie pour conduire en la ville d'Orléans, que les sieurs Ramein et Eseve qu'avaient été arrêtés par les glaces le douze du présent mois, lesquelles glaces ont grossi considérablement, que cette rivière a été prise en gelée en temps de deux journées entières sept voituriers tant de La Charité que de cette paroisse d'Herry avec leurs charrettes et chevaux pour prendre toutes lesdites marchandises désignées en notre procès-verbal sises dans la vallée pour les conduire sur une levée très élevée avec dix hommes de plus que ceux qu'ils ont pour la conduite de ces marchandises pour enlever sur la dite levée où vont actuellement tous lesdits ballots tant grosque petits sont éloignés d'au moins un demi quart de lieu de ladite grève où nous avons remarqué ainsi que nos témoins ci-après nommés que cela leur a occasionné une dépense exorbitante aux dits sieurs Ramein et Eseve qui a ledit Ramein perdu deux de ses bateaux en luttant contre les glaces qui sont venues avec une si grande rapidité abondante de glace qu'on n'ait vu de glace sur cette rivière des plus considérables."

Commentaires

Le curé de Neuilly-en-Sancerre a noté sur les cahiers d'actes religieux des remarques météorologiques sur ces années-là. j'essaie de les retrouver et vous les passe.

Écrit par : Jean-Baptiste Luron | 03/02/2012

Merci

Écrit par : Philippe | 04/02/2012

En attendant de scanner "Sancerre de temps en tant" et de te l'envoyer, ma première "commission", en voici un extrait qui relève les commentaire du curé de Crésancy :
1702 : Le Cher charrie des glaçons le 6 janvier.
"Il est à remarquer que cette présente année mil sept cent deux, au mois d'avril, les six, sept, huit et neuf, il est arrivé une gelée si forte accompagnée de quelques légères neiges que touttes les vignes de ces cartiers, c'est à dire tout ce qui est compris sous le nom du Sancerrois, ont été entièrement gelées, elles ont poussé extraordinairement auanse qu'il n'auoit point eu d'hyuer de sorte qu'on a amassé si peu de vin que les vignerons ont esté contraints d'aller à La Chapelotte chercher des Crois pour faire du cidre. Néanmoins le prix ordinaire du vin de cette année na esté que de soixante Liures fait par moi curé Cardinal
1709 : A partir du 6 janvier, gel pendant trois semaines, si violent que les blés, arbres fruitiers, et même les chênes furent gelés. Peu de récolte. (François Cherrier, 1er pdt des vignerons de l'aoc Sancerre) On pouvait traverser la Loire en chariot les 12, 13 et 14.
1789 : Hiver terrible où tous les blés furent gelés dans notre région. Dans les maisons de nos cultivateurs, il gelait comme dehors. Dans l'une d'elle, voisine de mes grands-parents, deux jumeaux couchaient dans un petit lit, le matin, des glaçons pendaient au-dessous de leur misérable couchette.

Écrit par : Jean-Baptiste Luron | 07/02/2012

Je vous félicite pour votre recherche. c'est un vrai charge d'écriture. Développez .

Écrit par : MichelB | 13/08/2014

Les commentaires sont fermés.