Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10/02/2012

Jacques MALLET, albinien, prisonnier de guerre évadé se réfugie en zone libre. Il y dirigeât le centre EDF-GDF du Scourdois où il lutta contre l'occupant.

Sous Vichy, le 4 juillet 1941: Sur proposition du Président Directeur Général (Georges Vautier), le Conseil d’Administration des Compagnies Réunies de Gaz et d’Electricité (Siège social à Lyon, Direction à Paris) décide, pour lutter contre le chômage des jeunes, de créer avec la Compagnie Hydro Electrique d’Auvergne et sous les auspices et avec la participation financière du secrétariat de la Jeunesse, une maison de jeunes gens de 15 à 18 ans, choisis de préférence parmi les fils d’agents de la Compagnie. Le 13 Janvier 1942 le centre du Scourdois ouvre (Christian Noir, président du CA Foëcy athlétisme et cheville ouvrière du Comité du Cher d’Athlétisme, a été élève de l’école des métiers EDF du Scourdois de 1963 à 64. Christian est bien connu des albiniens, anciens de la belle aventure humaine qu’était l’organisation du Marathon du Cher).

Son 1er directeur en sera l’albinien Jacques Mallet (†), prisonnier de guerre évadé en réfugié en zone libre...

La formation d'une élite ouvrière  industries électrique et gazière.jpg

Jean-Marc Huguet dans son récent livre (2005)  "La formation d'une élite ouvrière: industries électrique et gazière, 1940-1970, raconte ": "Jacques Mallet a 26 ans. Prisonnier de guerre en 1940, il s'évade et va se cacher près de chez lui à Aubigny. Il avait à cette occasion rencontré Jean Bertier le nouveau responsable de la formation à EDF et GDF. Il est plus sage de quitter sa ville traumatisée par Paoli et  de se rendre en « zone libre. Il passe la ligne de démarcation du côté de Saint-Florent-sur-Cher « Sur sa barque il passait du monde, mais il ne m'a pas fait payer !

 

Mallet-Rateau.jpg

Quoi faire quand on a des parents qui font de l'épicerie en gros à Aubigny ? Alors Jacques se dirige vers Vichy et cherche un  emploi dans l'administration. On lui propose de s'occuper des jeunes. Bien que ce ne soit pas son secteur d'activité, il accepte. Le Président-directeur général des Compagnies réunies du gaz et de l'électricité, Georges Vautier, avec la Compagnie hydroélectrique d'Auvergne, décide le 4 juillet 1941 : "Pour lutter contre le chômage des jeunes, de créer, sous les auspices et avec la participation financière du secrétariat de la Jeunesse une Maison de jeunes de 15 à 18 ans pour les enfants du personnel".

Ecole du Scoudois.jpg

Le centre de jeunesse du Scourdois, près de Saint-Germain-Lembron, ouvre ses portes le 13 janvier 1942 avec 27 jeunes. Pour Jacques Mallet c'est une opportunité qu'il accepte de bon cœur. Il se rend sur les lieux ; Scourdois est un lieu-dit, proche du bourg de Saint-Gervazy, marqué par une grande maison bourgeoise.

Lorsqu'il avait rencontré Georges Vautier, rue Blatin, à Clermont-Ferrand celui-ci lui avait donné une seule consigne : Il faut que les enfants de nos ouvriers soient bien nourris et tout ce que je vous demande c’est que vous les nourrissiez bien ! Ça tombe bien ! L'épicerie c'est son domaine et les relations paysannes ne peuvent que lui raviver ses souvenirs de jeunesse.

Saint-Gervazy.jpeg

Malgré tout il donnera quelques rudiments de formation générale, laissant à d'autres l'apprentissage manuel. La règle était simple : « Il ne fallait pas faire parler de nous ! » Dans la région la Résistance est active. Rose Moreau est cafetière à Unsac c'est son père, monsieur Job, qui est le moniteur de maçonnerie du centre. Elle se souvient que Jacques Mallet était en relation avec Roger Samour, le dirigeant local des FFI, qu'il couvrait chaque fois qu'il le pouvait. Notamment lorsqu'il préparait des parachutages et qu'il faisait du renseignement, Son père faisait aussi de la résistance avec monsieur Mallet et l’institutrice du village. Le cousin de Jacques Mallet est Pierre Rateau, le chef de zone de la Résistance qui, après ses évasions d'Allemagne et de Russie, avait rejoint Londres. Le secrétaire de Jean Moulin, Daniel Cordier, est de la famille. Son PC était à Toulouse. Chargé de mission par De Gaulle, il recevait directement ses ordres de Londres. Il avait surtout la charge d'organiser les parachutages pour préparer le débarquement. Pierre Rateau avait fait un bref séjour au Scourdois. Madeleine Mallet (née Monin†) se rappelle que son époux avait informé Vautier de l'imminence du débarquement".

"Après la guerre Jacques  Mallet est reparti chez-lui à Aubigny ".

 Maison mallet.jpg

Jacques Mallet milita dans la vie locale et associative. Adjt aux Maires d'Aubigny-sur-Nère,  Jacques Mallet fut candidat "Action familiale et sociale" (MRP) aux législatives de novembre 1958. Il présida des associations à caractère social. Attaché au patrimoine et à l’histoire de sa cité il fut le grand président de l’Office de Tourisme d’Aubigny et l’artisan de la mise en valeur de sa ville. En particulier la réhabilitation des maisons à colombages en donnant l’exemple avec son domicile, avant de faire voter à ses collègues (innovant pour l’époque) une subvention incitative…Promenez-vous dans Aubigny et vous apprécierez le résultat.

Commentaires

Je suis sensible à votre info pour deux raisons:
-La maison Mallet-Rateau épicerie en gros est un souvenir de mon enfance quand les camions venaient livrer les épiciers de la commune de Sainte Gemme.
-J'ai partagé des moments heureux et des moments tristes avec la famille Rateau à la Ferté-Beauharnais, très longtemps après les faits de guerre, sans connaître leur histoire.
L'exemple de Jacques Mallet est significatif de ce réseau de personnes qui, à leur manière ont permis à la résistance organisée de trouver un terreau favorable pour survivre les temps héroïques d'avant le débarquement des forces alliées en Normandie.
Dans le silence et la discrétion.
Tout ce qui n'était pas résistance active, n'était pas connivence avec la collaboration.
Tous ceux qui déploraient le exactions et exécutions sauvages n'étaient pas des vichystes réactionnaires.
Tous les résistants ne furent pas des héros.
Tous les héros , ne furent pas dans la résistance.
Vérités de La Palice.

Écrit par : Moreux Gilbert | 11/02/2012

Les anonymes étaient légion…dans mon village de Concressault, le boucher tuait de nuit et le boulanger (mon père) pétrissait pour ravitailler le maquis d’Ivoy…Ils connaissaient les risques…mais c’était naturel…

Écrit par : Philippe | 11/02/2012

Effectivement et les pseudo-icônes de la Résistance mis en avant maintenant ne sont pas les meilleurs combattants de l'ennemi.

Écrit par : Michel Coquery | 13/02/2012

Les commentaires sont fermés.