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20/06/2012

Pierre RATEAU, Alias : "Henri Poily", "Pape", "Arthur", "Eminence", "Rossi" compagnon de la libération.

Mis en ligne le 14/06/2012

En mémoire de Marguerite Rateau, qui va rejoindre son époux mercredi, lisez les états de service du plus valeureux des albiniens

pierrerateau.jpg

Pierre Rateau est né le 14 mai 1913 à Aubigny-sur-Nere, dans le Cher, de parents entrepreneurs en quincaillerie.

Il suit des études secondaires aux Lycées Fénelon et Condorcet à Paris avant d'effectuer son service militaire pendant deux ans au Maroc, dans l'Artillerie.

Rendu à la vie civile, il entre dans l'entreprise familiale.

Mobilisé en 1939 comme maréchal des logis, il est affecté à un parc d'artillerie dans les Vosges. Désireux d'agir, il passe, à sa demande, le brevet de chef de section et est nommé, en avril 1940, au 60e Régiment d'Artillerie.

Il combat avec bravoure au Donon dans les Vosges jusqu'à l'armistice et reçoit la Croix de Guerre. Fait prisonnier, il est interné à Strasbourg ; transféré en Prusse-Orientale, au stalag I B, il refuse de travailler et se considère "en sursis d'évasion".

Fin mars 1941, Pierre Rateau se fait envoyer dans un Kommando de travail à Lyck, à 30 kilomètres de la frontière russe, et parvient à s'évader, avec deux camarades, la nuit même de son arrivée, par -30°.

Prisoniers de liberté.jpg

Arrêtés à la frontière russe les trois hommes sont séparés. Pierre Rateau est successivement interné à Minsk, Smolensk, Grodno et enfin Mitchourine où il retrouve 180 Français emmenés par Pierre Billotte , avec lesquels il est libéré et rejoint l'Angleterre, via Arkhangelsk et le Spitzberg, le 9 septembre 1941 ( Lire Prisonniers de la liberté-l'odyssée des 218 évadés par l'URSS, 1940-1941 de Jean-Louis Crémieux-Brilhac).

Pierre Rateau lisant la Marseillaise  à Londres.jpg

Après un passage au camp de Camberley où il s'engage dans les Forces Françaises Libres sous le nom de Henri Poily, il est affecté au Bureau Central de Renseignements et d'Action (BCRA), les services spéciaux de la France Libre et reçoit un entraînement dans les camps de l'Intelligence Service.

Parallèlement à son instruction, il s'occupe des questions "Jeunesse" avec Maurice Schumann

et André Philip.

En avril 1943, le sous-lieutenant Rateau est parachuté en France près de Roanne dans la Loire sous le nom de code d'"Arthur" en qualité de chargé de mission au S.A.P. (Service des Atterrissages et Parachutages) pour les régions R3 et R4 (Toulouse et Montpellier). Il doit remplacer Hervé Montjarret, arrêté. Blessé au cours du parachutage, ne trouvant pas l'équipe de réception, il doit se débrouiller par ses propres moyens.

A Lyon, il prend contact avec les organisations locales et la Délégation générale ; il rencontre notamment Max (Jean Moulin), Bruno Larat, nouveau responsable du Centre des Opérations de Parachutages et d'Atterrissages (COPA), Paul Rivière et Alain de Beaufort, chef des opérations aériennes de la région de Clermont-Ferrand et Limoges. Ensuite, il installe son P.C. à Toulouse où il organise le service des parachutages. Il réceptionne ainsi les premières opérations aériennes du sud-ouest de la France. Après l'arrestation de Bruno Larat et d'Alain de Beaufort , il reprend la région de Limoges.

Grâce à son travail incessant de recherche des terrains d'atterrissage, de grandes figures de la Résistance comme Pierre  Brosselette et Pierre Viénot Pierre Viénot ou des personnalités politiques comme Jules Moch et Henri Queuille purent être acheminées vers l'Angleterre.

Activement recherché par la Gestapo, il échappe de justesse à plusieurs arrestations. Il organise également une chaîne d'évasion par l'Espagne qui permet le passage de la frontière à de nombreux agents du BCRA.

En février 1944, il repart lui-même par l'Espagne. Arrêté, après un internement au camp de Miranda, il parvient à rejoindre Gibraltar puis Londres en avril 1944. Rapidement affecté à l'Etat-Major du général Koening , il est chargé des liaisons aériennes avec les officiers d'opérations et les chefs de réseaux.

En août 1944, promu au grade de sous-lieutenant, il exécute une seconde mission en France (mission Shinoil) et est parachuté sur la poche de Saint-Nazaire pour y regrouper les maquis de la Vendée.

Nommé ensuite Chef du 4e Bureau, il est décoré de la  Croix de la Libération par le général de Gaulle le 18 juin 1945 et affecté à la Direction Générale des Etudes et Recherches (DGER) avant d'être démobilisé à l'été 1945.

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Il reprend ensuite l'entreprise familiale.

Pierre Rateau est décédé le 27 juin 1956 à Aubigny-sur-Nere où il a été inhumé.

 légion d'honneur.jpg

• Chevalier de la Légion d'Honneur

 • Compagnon de la Libération - décret du 6 avril 1945

 • Médaille Militaire

 • Croix de Guerre 39/45 (3 citations)

 • Médaille de la Résistance

 • Médaille des Evadés

 • King's Medal for Courage (GB)

 • Chevalier de l'Ordre de Léopold (Belgique)

 • Croix de Guerre Belge (avec palme)

Mesdames messieurs, passez voir ce qu’a retenu de ceci le Musée de la Résistance et de la Déportation du Cher (ouvert au public le 25 octobre 2010) : Une petite fiche, au format d’une carte postale, où l’on indique même pas que Pierre Rateau était compagnon de la Libération (le seul du Cher)… Voilà Pierre Rateau n’était ni du Front de Gauche, ni du Pari Socialiste !

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Commentaires

Le maire, le conseillergénéral d'Aubigny ne sont pas intervenus ?

Écrit par : Candide | 17/06/2012

Le traitement résevé à Pierre Rateau par le Conseil général du Cher est honteux!

Écrit par : Philippe | 17/06/2012

ni de droite, ni de gauche, mais Français avec un grand F et fier de l'être. défendant notre territoire, notre liberté. notre histoire. Merci Monsieur Rateau, mais que diriez vous de notre pauvre France de 2012, ou des élections ne sont plus que du lavage de linge sale!! Qui aujourd'hui défend notre France???????

Écrit par : Nicole | 17/06/2012

Espérons que après cet article, l'oubli du Musée de la Résistance sera réparé...

Écrit par : Gilbert | 18/06/2012

Je m'en suis entretenu avec le Président du CG18...pas beaucoup d'espoir!
Ni pour Mercier, Diard, Boinvilliers...

Écrit par : Philippe | 18/06/2012

Tout d'abord, j'adresse mes condoléances à la famille de Pierre Rateau,de nouveau en deuil.
Je ne sais pas si, mercredi, "Marguerite va rejoindre son mari". On peut penser que dans une autre réalité ils sont toujours restés liés, qu'on croie au ciel ou qu'on n'y croie pas. Un souvenir peut être une intime et puissante présence.
Lorsqu'on parle de Pierre Rateau, on imagine tout de suite la France-Libre et la Résistance à l'occupant. Qu'il ait peu de place au Musée de la Résistance du Cher, est un fait. Tous les connaisseurs de l'époque qui ont visité le Musée ont constaté dès l'abord, sa connotation politique. Quand on lit que ce musée veut "mettre en avant ses finalités scientifique et pédagogique", on soupçonne une certaine tromperie par rapport à une vérité historique et scientifique sans frontières, et progressiste où Pierre Rateau aurait la place qui lui est due.

Écrit par : Moreux Gilbert | 18/06/2012

Le fait est, c'est à éclaircir, je vais me renseigner....très délicat car je ne connais strictement rien localement à ce sujet.

Écrit par : GUERAUD | 19/06/2012

Voici une réponse officielle.
La polémique est totalement injustifiée. Pierre Rateau est un héros de la France Libre et personne ne le conteste mais le musée du CG est le "Musée de la Résistance et de la Déportation du Cher". Il est donc consacré prioritairement aux Résistants et Déportés du Cher et non aux combattants de la France Libre, (fussent-ils originaires du Cher) dont la photo figure néanmoins en bonne place. Par ailleurs, Pierre Rateau a son musée à Aubigny et il n'est pas souhaitable de faire un doublon.

Personnellement je trouve cette réponse correcte, à vous de juger.

Écrit par : GUERAUD | 20/06/2012

Autre précision
J'ai oublié de préciser que le contenu du musée a été déterminé par un conseil scientifique composé notamment de professeurs d'histoire d'université et du directeur du Musée National de la Résistance.
Moralité et à titre personnel: Ceux qui voudraient incriminer le Conseil général pour son côté partisan dans cette histoire se tromperaient de cible.

Écrit par : GUERAUD | 20/06/2012

Ce musée a le mérite d'exister mais il n'est pas rationnellement objectif et pêche par omission sur de nombreux points. Il n'explique qu'une partie de l'Histoire. Je comprens la position de ses détracteurs qui se sentent lésés de la vérité historique.

Écrit par : Michel Coquery | 20/06/2012

Monsieur GUERAUD donne la réponse officielle des propriétaires des lieux qui se veulent aussi propriétaires de l'histoire de la Résistance. Qu'il la trouve correcte on peut le comprendre, il a dit lui-même qu'il ne connaissait strictement rien à ce sujet.Nous ne sommes pas dans la polémique, mais dans le débat historique. La base idéologique du Musée m'est apparue incontestable dès ma première visite, et ceci dès l'entrée. La présence de professeurs d'histoire sélectionnés, dans un conseil scientifique ne change rien à l'affaire. L'an dernier, au dit musée, lors d'une conférence, l'enseignement de deux professeurs d'histoire, universitaires parmi les plus éminents a été fortement mise en cause par un groupe de militants refusant de reconnaître une réalité qui les dérangeait. L'Histoire n'est pas figée pour l'éternité, même dans le Cher.
Les combattants de la France libre ont été les premiers résistants à l'occupation allemande. C'est un fait reconnu. Le Cher s'honore de quelques uns. Que les plus célèbres aient été "de droite" ne retire rien à la valeur de leur engagement. Mais dire aux amis de Pierre Rateau : Il a son musée à Aubigny, çà va bien, n'en demandez pas trop, ne doublonnons pas, me paraît un peu fort de café. Pierre Rateau était aussi Compagnon de la Libération, et ils sont rares.
Ou bien alors parlons du Musée de la Résistance DANS le Cher.

Écrit par : Moreux Gilbert | 21/06/2012

Bien dit messieurs Gilbert et Michel!

Écrit par : Berlodiot | 21/06/2012

Je vous félicite pour votre recherche. c'est un vrai charge d'écriture. Développez .

Écrit par : cliquez ici | 11/08/2014

Les commentaires sont fermés.